L'essentiel est invisible pour les yeux
Je suis maintenant dans le service de médecine interne, qui comme son nom l'indique s'occupe des maladies touchant les organes internes : les affections respiratoires, cardiaques, urinaires, gastro-intestinales ou encore hématologiques et les maladies hormonales. On fait toute sorte d'examens pour arriver à notre diagnostic : prise de sang, analyse urinaire, échographie abdominale, radiographie thoracique, échographie cardiaque, bactériologie ... Le plus souvent ce sont des cas complexes, puisque le service est spécialisé dans la médecine interne, les vétérinaires généralistes nous transfèrent donc les animaux lorsqu'ils n'arrivent pas à poser un diagnostic ou à gérer correctement la maladie (c'est ce qu'on appelle "référer un cas" dans notre jargon).
Le cas le plus intéressant que j'ai eu est celui d'un chien qui présentait une anémie hémolytique auto-immune, ce qui veut dire que son système immunitaire était déréglé et détruisait ses propres globules rouges ! Le traitement consistait notamment à donner des corticoïdes et des immunosuppresseurs pour diminuer la réponse immunitaire et à transfuser le chien en attendant qu'il soit à même de produire de nouveaux globules rouges. Pour info, les animaux ont également des groupes sanguins, mais chaque espèce a un système particulier. Cependant, il arrive que nous transfusions des chats avec du sang de chien, car les donneurs félins sont assez rare, et le volume prélevé à chaque fois est très faible. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela ne pose pas de problème si on ne le fait qu'une seule fois !
Une radiographie thoracique. Le chien est couché sur le côté, la tête est à gauche, la queue à droite.
En plus des consultations, l'autre partie de la médecine interne se déroule en hospitalisation : en effet, lorsque l'animal nécessite des traitements lourds et/ou est en très mauvais état général, il est nécessaire de le garder à la clinique. Si l'animal ne boit pas et/ou est déshydraté, on lui pose un cathéter à la patte avant et on le perfuse avec des fluides. Cela permet aussi d'administrer les médicaments par voie veineuse, d'où une action plus rapide. S'il ne mange vraiment pas, il est possible d'installer une sonde gastrique. De plus, le fait de garder l'animal hospitalisé, permet de suivre son évolution et de réaliser des prises de sang ou des examens d'imagerie chaque jour pour adapter si besoin le traitement. Bref, vous l'aurez compris, le fait de jongler entre les consultations et les soins aux patients hospitalisés ne m'aide pas à retrouver des horaires normaux (mais en même temps, j'apprends énormément).
Ps :Savez-vous à quel livre fait référence le titre de l'article ?


